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Province du Bam : Guibaré, dans l’enfer des chercheurs d’or

Deux heures en voiture et une demi-heure de piste après notre départ de Ouagadougou, la capitale burkinabè, nous voilà à Guibaré, village situé à une trentaine de kilomètres de Kongoussi, chef lieu de la province du Bam. Nous laissons les habitations, pour nous diriger plus précisément vers la montagne -enfin de ce qui en reste- « Karengatenga ». Devant nous, à perte de vue, des trous, des cailloux amassés et le bruit incessant des perceuses, des marteaux, des machines à broyer. Pas de doute, nous venons d’arriver chez les forçats de l’or. Guibaré est un village réputé,  pour ses nombreuses montagnes et pour ces sites aurifères. Depuis d’une dizaine d’années, ces montagnes sont prisées par une population de plus en plus jeune et féminine…

 La région de Guibaré est une véritable carte postale. Malgré le soleil qui brillait de mille feux en ce jour du 1er avril 2011, le paysage qui s’étendait sous nos yeux était à couper le souffle. Des montagnes à perte de vue, des animaux en «divagation», sous les yeux des bergers, des vergers de manguiers, un barrage aux abords duquel on cultive du maïs, de l’oignon, tout ou, presque tout était fait pour nous faire oublier le but de notre séjour dans cette région. A mesure que nous approchions du site, notre enchantement s’évaporait comme de l’eau sous le soleil. «Le travail des chercheurs d’or est le plus difficile que je connaisse», nous expliquait, Joseph, notre guide en chemin, il aurait pu nous le répéter une dizaine de fois que nous aurions été choqué quand même. Devant nous, une cohorte d'hommes, de femmes et d’enfants, s’acharnaient sur la montagne afin de s'offrir une part du précieux gâteau qui à coup de marteaux, de pioche, ou à main nue.

Sur la montagne, nous nous dirigeons vers un trou. Deux troncs d’arbres en guise de piliers, une poutre sur laquelle repose une corde assez usée et un système d’aération fait maison, voilà ce qui soutient cette fosse de 25 mètres dans laquelle est entrain de descendre, à mains nues deux jeunes hommes. Intrigués, nous approchons. Le propriétaire de ce trou, resté en haut, crie ses conseils à ses « enfants », « on ne descend pas dans un trou sans tenir la corde dans sa main », crie t-il à Issouf, 15ans, chercheur d’or.

Pour Rasmané Nikièma dit Raso, puisque c’est de lui qu’il s’agit, « il est très difficile pour moi de descendre dans le trou, les parois sont étroits et seul les enfants peuvent s’y glisser», comme s’il a deviné notre prochaine question il rétorque « il n’y a pas de risque ils ont l’habitude et nous avons trouver une solution pour qu’ils respirent en bas a l’aide d’un conduit d’air fabriqué avec des sachets », avant de continuer, « à leurs débuts ils avaient du mal quand il s’agissait de descendre à plus de 24 mètres, maintenant ils peuvent le faire les yeux fermés».

Tout autour de nous ce sont des centaines d’hommes, de femmes et d'enfants qui s'activent de la sorte sous une température à plus de 45°C. Ici, tous croient à la bonne étoile et au filon qui les rendra riches. Dans cette région assez reculée où le travail est rare et la culture peu rentable, la recherche de l'or est l'alternative trouvée par les populations de Guibaré. Sans équipements, dans une anarchie complète, ces chercheurs d'or ne respectent aucune norme de sécurité, si ce n’est les conseils du chef de chantier Adama Gamsonré, représentant le propriétaire de la montagne. «Mon rôle consiste à encadrer les orpailleurs afin qu’ils travaillent dans de bonnes conditions, éviter les éboulements, aérer les trous, les diriger quand ils commencent à en creuser un», nous retrace t-il. Cependant, aucune formation ne leur est donnée, des dires de M. Gamsonré, « l’encadrement» se fait lors des tournées sur le site.

 

Autre lieu… même décor

 

Nous sommes sur le site de Vouznangtenga, à une vingtaine de kilomètres de Kongoussi, chef lieu de la province du Bam. Ici, un groupe de jeunes creusent, broient, tamisent et lavent la terre à la recherche d’or. En compagnie de 5 jeunes filles à qui ils ont fait appel, ils espèrent amasser assez de poudre d’or pour changer de vie. En attendant, chacun évoque ce qu’il ferra avec sa part. Cela va de la moto dernier cri, des habits à la mode, à la virée à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso NDLR). Nul ne parle vraiment d’économie. Pourquoi faire, nous répondent-ils, « la région est vaste, et Vouznangtenga n’est pas la seule montagne où l’on a découvert un filon, s’il le fallait, nous irons ailleurs».

Sur les différents sites aurifères que nous avons visités, le plus impressionnant c’est la présence des femmes, en compagnie de leurs enfants. Selon notre guide, elles sont là, certaines avec leurs maris, mais la plupart sont venus seules à la recherche d’or pour assurer leur quotidien. A l’entendre, elles peuvent gagner entre 12 000 et 15 000 F CFA par jour. «Notre travail consiste à tamiser la terre recueillie et à apporter l’eau pour le lavage afin de recueillir l’or», nous a expliqué Samira, une jeune fille d’une douzaine d’année, toute recouverte de poussière. Sur ce site, toutes les femmes ne sont pas des chercheuses d’or, elles sont nombreuses celles qui tirent leur épingle du jeu dans la restauration et le commerce de divers articles.

Au détour d’un chemin, alors que nous regagnions Kongoussi, notre pied à terre, sous un verger de manguiers, 6 jeunes sont entrain de laver de la terre à la recherche du précieux métal. C’est à croire que la fièvre de l’or s’est emparée de toute la région. D’entre 10 et 15ans, ces élèves occupent leur temps libre en cherchant de l’or. Alors que sous d’autres cieux, leurs compères, en ce samedi soir, sont devant la télévision, manette en main, eux se font chercheurs d’or. Nous nous approchons du plus âgé. Il se nomme Pengwendé Sawadogo, c’est lui qui lave la terre.

Il s’exprime avec gène, refusant de nous dire où ils ont ramassé leur magot. «Il pense que vous allez le dénoncer, c’est pour cela qu’il refuse de parler», explique notre guide, avant de continuer, «il se peut qu’ils aient volé de la terre sur un site privé et craignent de ce fait les services de police économique». Dépités, nous reprenons le chemin du retour, laissant ces enfants à leur besogne. Le paysage ne nous semble plus aussi beau et même, nous avons envie de fuir ce monde de peur de nous faire prendre à notre tour par cette fièvre du métal précieux. 

http://droits-humains-au-burkina-faso-cri-de-femme.blog4ever.com/blog/lire-article-702450-9432989-province_du_bam___guibare__dans_l_enfer_des_cherch.html

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Le 24 juillet 2015 à 7:59, Abraham Akim a dit...

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