Activités du secteur informel : La vente des herbes ou les péripéties d’un gagne-pain

     

«Il n’y a pas de sot métier». Cet adage, les vendeurs d’herbes l’ont bien compris. Assis aux abords des chaussées des quartiers périphériques de Bobo-Dioulasso, ils s’activent pleinement et quotidiennement dans cette activité, ô combien laborieux. Le lundi 31 juillet 2012, votre journal est allé à leur rencontre pour échanger avec eux sur leur activité amplement apprécié par la population. Mais comment est-elle née ? Qui la mène et comment ?

 

Il est 17h sur la chaussée de l’avenue de l’indépendance reliant la route de Nasso au boulevard de la révolution. Ils sont plus d’une vingtaine, des vendeurs d’herbes (adultes et enfants) installés à l’angle du goudron au carrefour de la pharmacie Hayatt. Les clients, femmes comme hommes ne se font pas prier. Ils y arrivent à tout moment. Certains sont à pied, d’autres sur des engins à deux ou dans des véhicules. Les herbes sont attachées et se vendent à 50 FCFA le tas. On en trouve de toutes sortes, mais il s’agit essentiellement d’herbes toutes simples, de feuilles de patates douces, de maïs… Une activité que d’aucuns trouvent indispensables pour les petits éleveurs, autrement dit, l’élevage domestique.

Cette activité de vente d’herbes existe depuis belle lurette. Mais elle n’était pas aussi répandue et surtout pas à but lucratif comme on le constate de nos jours. « J’ai commencé la vente des herbes il y a maintenant 8 ans. On n’était pas très nombreux et je puis dire qu’elle marchait bien. J’ai pu réaliser beaucoup de choses comme la construction de ma maison, la paye de la scolarité de mes enfants et l’achat d’un moyen de déplacement », nous a confié Souleymane Badini. Cependant, la vente d’herbes est un travail périlleux. Certains ont confié qu’ils quittent Bobo-Dioulasso à 6h du matin à la recherche d’herbes à Nasso, Diarradougou ou encore Dindérésso pour des distances allant de 15 à 35 kilomètres à vélo. D’autres vont au delà de ces distances comme Yacouba Barro, âgé de 36 ans. « Je mène cette activité parce que je n’en ai pas d’autres. C’est très difficile de l’exercer. J’ai un vélo « seconde-main » que j’ai acheté à 25 000F CFA. Et c’est avec cet engin que je transporte mes herbes. Quelques fois, c’est très lourd et lorsque je dois monter une pente en cours de route, je suis obligé de descendre du vélo pour le pousser. Pire, les routes sont dans des états défectueux », explique Yacouba Barro, qui précise en passant, qu’il a un niveau CEP. Il dit avoir passé à plusieurs reprises des concours exigeant son diplôme, mais en vain. Pas encore marié et sans enfant, Yacouba compte pouvoir se «caser» si toutefois, il arrive à « engranger » assez de sous. Issouf Kaboré a près de 40 ans. Il est marié et père de quatre enfants. Il vend les herbes depuis près de trois ans. « Je peux gagner entre 2 000 et 2 500  F CFA par jour. La seule difficulté pour moi se situe en cette période d’hivernage. Je n’arrive pas à épuiser tout en une journée. Il en reste beaucoup, alors que le lendemain, il faut encore repartir dans la brousse pour en chercher », a-t-il dit. Elève en classe de 4e, Anselme Ouédraogo, occupe ses vacances par la recherche et la vente d’herbes depuis juin dernier. « J’ai demandé une charrette à ma famille avec laquelle je transporte mes herbes. Je compte économiser afin d’aider mes parents à payer ma scolarité », raconte-t-il avec fierté. Quant à Arouna Ouédraogo, un sexagénaire, il affirme vendre les herbes juste pour les besoins quotidiens de sa famille. « Je suis vieux et faire du vélo avec un fardeau d’herbes n’est pas simple. Je suis souvent malade et je vends rarement au dessus de 1 500 F CFA par jour », explique le vieux Arouna avec un grand soupir.

La nécessité d’une structure fédérative

Les vendeurs d’herbes de Bobo-Dioulasso souhaitent « fédérer leurs synergies » en vue de promouvoir leurs activités mais aussi, pour mieux se faire entendre auprès des organisations et du gouvernement. En cela, explique Issouf Kaboré, « Nous rencontrons des difficultés dans la fixation des prix. Et pire c’est une activité désordonnée. Ceux qui le font par plaisir ou pour un temps, vendent à vil prix contrairement à nous qui en avons fait notre gagne-pain. Nous pourrons donc ensemble nous entendre sur un prix en fonction des périodes ». Quant au vieux Arouna, il demande plutôt une aide en termes de matériels (moyen de déplacements) pour alléger tant soit peu, leur tâche.

Que deviendront les petits éleveurs sans eux ?

Batiéné Bolé et Saidou Séré sont des fidèles clients. Ils viennent chaque jour s’approvisionner en herbes pour les animaux qu’ils élèvent à domicile. Si M. Bolé soutient que sans eux, l’élevage domestique allait être difficile, M. Séré confie qu’il élève son bétail dans l’espoir de le vendre pour préparer la rentrée scolaire de sa progéniture. Très utile donc dans la chaîne de l’élevage domestique, la vente d’herbes est sans doute une activité informelle. Le souhait de quelques clients est un encadrement de leurs activités vers la production d’aliments fourragés.  « Il faut les aider à ce que leur quotidien ne soit pas ponctuel. Ils peuvent mieux faire », a lancé M. Bolé.

Bassératou KINDO

«Il n’y a pas de sot métier». Cet adage, les vendeurs d’herbes l’ont bien compris. Assis aux abords des chaussées des quartiers périphériques de Bobo-Dioulasso, ils s’activent pleinement et quotidiennement dans cette activité, ô combien laborieux. Le lundi 31 juillet 2012, votre journal est allé à leur rencontre pour échanger avec eux sur leur activité amplement apprécié par la population. Mais comment est-elle née ? Qui la mène et comment ?

 

Il est 17h sur la chaussée de l’avenue de l’indépendance reliant la route de Nasso au boulevard de la révolution. Ils sont plus d’une vingtaine, des vendeurs d’herbes (adultes et enfants) installés à l’angle du goudron au carrefour de la pharmacie Hayatt. Les clients, femmes comme hommes ne se font pas prier. Ils y arrivent à tout moment. Certains sont à pied, d’autres sur des engins à deux ou dans des véhicules. Les herbes sont attachées et se vendent à 50 FCFA le tas. On en trouve de toutes sortes, mais il s’agit essentiellement d’herbes toutes simples, de feuilles de patates douces, de maïs… Une activité que d’aucuns trouvent indispensables pour les petits éleveurs, autrement dit, l’élevage domestique.

Cette activité de vente d’herbes existe depuis belle lurette. Mais elle n’était pas aussi répandue et surtout pas à but lucratif comme on le constate de nos jours. « J’ai commencé la vente des herbes il y a maintenant 8 ans. On n’était pas très nombreux et je puis dire qu’elle marchait bien. J’ai pu réaliser beaucoup de choses comme la construction de ma maison, la paye de la scolarité de mes enfants et l’achat d’un moyen de déplacement », nous a confié Souleymane Badini. Cependant, la vente d’herbes est un travail périlleux. Certains ont confié qu’ils quittent Bobo-Dioulasso à 6h du matin à la recherche d’herbes à Nasso, Diarradougou ou encore Dindérésso pour des distances allant de 15 à 35 kilomètres à vélo. D’autres vont au delà de ces distances comme Yacouba Barro, âgé de 36 ans. « Je mène cette activité parce que je n’en ai pas d’autres. C’est très difficile de l’exercer. J’ai un vélo « seconde-main » que j’ai acheté à 25 000F CFA. Et c’est avec cet engin que je transporte mes herbes. Quelques fois, c’est très lourd et lorsque je dois monter une pente en cours de route, je suis obligé de descendre du vélo pour le pousser. Pire, les routes sont dans des états défectueux », explique Yacouba Barro, qui précise en passant, qu’il a un niveau CEP. Il dit avoir passé à plusieurs reprises des concours exigeant son diplôme, mais en vain. Pas encore marié et sans enfant, Yacouba compte pouvoir se «caser» si toutefois, il arrive à « engranger » assez de sous. Issouf Kaboré a près de 40 ans. Il est marié et père de quatre enfants. Il vend les herbes depuis près de trois ans. « Je peux gagner entre 2 000 et 2 500  F CFA par jour. La seule difficulté pour moi se situe en cette période d’hivernage. Je n’arrive pas à épuiser tout en une journée. Il en reste beaucoup, alors que le lendemain, il faut encore repartir dans la brousse pour en chercher », a-t-il dit. Elève en classe de 4e, Anselme Ouédraogo, occupe ses vacances par la recherche et la vente d’herbes depuis juin dernier. « J’ai demandé une charrette à ma famille avec laquelle je transporte mes herbes. Je compte économiser afin d’aider mes parents à payer ma scolarité », raconte-t-il avec fierté. Quant à Arouna Ouédraogo, un sexagénaire, il affirme vendre les herbes juste pour les besoins quotidiens de sa famille. « Je suis vieux et faire du vélo avec un fardeau d’herbes n’est pas simple. Je suis souvent malade et je vends rarement au dessus de 1 500 F CFA par jour », explique le vieux Arouna avec un grand soupir.

La nécessité d’une structure fédérative

Les vendeurs d’herbes de Bobo-Dioulasso souhaitent « fédérer leurs synergies » en vue de promouvoir leurs activités mais aussi, pour mieux se faire entendre auprès des organisations et du gouvernement. En cela, explique Issouf Kaboré, « Nous rencontrons des difficultés dans la fixation des prix. Et pire c’est une activité désordonnée. Ceux qui le font par plaisir ou pour un temps, vendent à vil prix contrairement à nous qui en avons fait notre gagne-pain. Nous pourrons donc ensemble nous entendre sur un prix en fonction des périodes ». Quant au vieux Arouna, il demande plutôt une aide en termes de matériels (moyen de déplacements) pour alléger tant soit peu, leur tâche.

Que deviendront les petits éleveurs sans eux ?

Batiéné Bolé et Saidou Séré sont des fidèles clients. Ils viennent chaque jour s’approvisionner en herbes pour les animaux qu’ils élèvent à domicile. Si M. Bolé soutient que sans eux, l’élevage domestique allait être difficile, M. Séré confie qu’il élève son bétail dans l’espoir de le vendre pour préparer la rentrée scolaire de sa progéniture. Très utile donc dans la chaîne de l’élevage domestique, la vente d’herbes est sans doute une activité informelle. Le souhait de quelques clients est un encadrement de leurs activités vers la production d’aliments fourragés.  « Il faut les aider à ce que leur quotidien ne soit pas ponctuel. Ils peuvent mieux faire », a lancé M. Bolé.

Bassératou KINDO

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