Blaise Compaoré veut-il une présidence à vie?

En octobre dernier, Blaise Compaoré a entamé sa vingt-cinquième année de pouvoir. Sexagénaire depuis le mois de février, il reste un chef d'Etat «jeune», sur un continent ou le Sénégal ou le Zimbabwe sont dirigés par des octogénaires toujours candidats. Prendra-t-il sa retraite en 2015, comme l'y oblige l'actuelle version de la Constitution? Rien n'est moins sûr.

Dans son intervention à la clôture des Assises nationales sur les réformes politiques, le 9 décembre dernier, il indiquait penser «particulièrement» aux réformes «relatives aux candidatures indépendantes, à la limitation des mandats électifs» ou «au redécoupage des circonscriptions électorales». Il enfonçait le clou, le lendemain, sur les antennes de la télévision publique, à l'occasion de la Fête nationale, en souhaitant que ces réformes potentielles «continuent de faire l'objet de réflexion en vue d'une meilleure conciliation des opinions, en référence à notre volonté de consolider le débat constructif». Il reconnaissait pourtant que ces points, contrairement à d'autres, étaient «apparus non consensuels» lors des Assises. En insistant lourdement, l'énigmatique président du Faso est-il en train d'avouer, à demi mot, son envie de prolonger son bail au nouveau palais de Kossyam? La «révisionnite» semble, sur le continent africain, la maladie politique la plus contagieuse, du Tchad en 2005, au Cameroun en 2008. La ficelle est aussi connue que grosse, actionnée déjà, par le passé, par Maaouya Ould Taya en Mauritanie, Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie, Lansana Conté en Guinée, Omar Bongo au Gabon ou encore Gnassingbé Eyadéma au Togo.

Par Slate.fr

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