DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE ‘‘ALTERNANCE, DEMOCRATIE ET JUSTICE’’ SUR LE PROJET DE REVISION DE LA CONSTITUTION

Excellence monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Chers collègues députés,

Le 13 avril 2011, ignorant et méprisant la société civile représentative, mais surtout foulant au pied la loi 009-2009/AN du 13 avril 2009 portant statut de l’opposition que vous avez votée ici même pour clarifier le jeu politique et créer les conditions d’un véritable dialogue politique, gage de progrès dans la paix et la concorde, le gouvernement mettait en place son Conseil consultatif pour les réformes politiques (CCRP) dans l’illégalité la plus totale. Taillé sur mesure pour les besoins que l’on sait, ce CCRP n’a pas accédé, paradoxalement, à ce que le gouvernement attendait de lui et qui est de notoriété publique au Burkina Faso et ailleurs à savoir, la modification de l’article 37 et la suppression du verrou limitant le nombre de mandats présidentiels, pour permettre au Président Blaise COMPAORE de s’offrir un pouvoir à vie. Malgré les ruses et artifices utilisés aux assises régionales et nationales organisées à cet effet pour remettre sans succès la question à l’ordre du jour, la modification de l’article 37 n’a pas été retenue faute de consensus.

Aujourd’hui, comme un pis-aller, ce sont les propositions dites consensuelles qui font l’objet de la présente proposition de modification constitutionnelle. Outre l’amnistie qui ne vise en réalité qu’à aménager un sauf-conduit pour le Président Blaise COMPAORE, en contradiction avec ce principe universel qui veut que la loi dispose pour des principes généraux au lieu de viser des individus, ou encore l’instauration d’un sénat qui nous parait superfétatoire au regard de la multiplication exponentielle des institutions juste pour caser des amis politiques dans un contexte de crise exacerbée, le groupe parlementaire ‘‘Alternance, démocratie et justice’’ estime qu’il ne peut prendre part au débat et au vote de propositions émanant d’une structure dont elle a été exclue et de surcroît illégale.

Le groupe parlementaire ‘‘Alternance, démocratie et justice’’ met en garde le gouvernement comme il l’a toujours fait de façon courageuse, clairvoyante et responsable quant aux dérapages qui pourraient découler de l’instrumentalisation inconsidérée des institutions de la république pour des desseins partisans et prosaïques.

Il prend le peuple burkinabé à témoin par rapport au déphasage continu des actes d’un gouvernement au regard des attentes de son peuple.

Fait à Ouagadougou, le 12 juin 2012

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