Etat de la pauvreté au Burkina: La Boucle du Mouhoun s’enlise davantage

Etat de   la pauvreté au Burkina:

 

La  Boucle du Mouhoun  s’enlise davantage

 

Région à forte potentialités agricoles, la Région de la Boucle du Mouhoun, possède tous les atouts pour être à l’abri du besoin. Cependant selon le rapport  du Cadre Stratégique Régional de Lutte contre la Pauvreté (CSRLP) dans la Boucle du Mouhoun 2009, il ressort  que le seuil de pauvreté  est passé de 49,3% à 60,4%, correspondant à une aggravation de la pauvreté de plus de 11 points dans la région.  Le document été présenté par la direction régionale de l’Economie et de la Planification (DREP) aux  membres du CSRLP présidé par le Gouverneur de la Région de la Boucle du Mouhoun, Siaka Prosper Traoré, le mardi 26 octobre 2010 à la maison de la femme.

 

Les Enquêtes prioritaires sur les conditions de vie des ménages réalisées en 1994, 1998, 2003, ont respectivement estimé le seuil de pauvreté au Burkina à 41 099 CFA, 72 690 CFA, 82 762 CFA. Par rapport à ces différentes lignes, l’incidence de la pauvreté dans la région de la Boucle du Mouhoun est passée respectivement de 48,8% à 49,3% puis à   60,4%,  révèle le  document de la DREP.  Des données qui correspondent à une aggravation de la pauvreté de plus 11 points sur la période ci-dessus indiquée.

L’évolution de l’incidence de la pauvreté de 1994 à 2003 connait une propension inquiétante dans la région de la Boucle du Mouhoun au regard des chiffres de la DREP. En 2003, selon le rapport, la profondeur de la pauvreté touchait au moins 21,3% de la population comparée au taux national qui est 15,5%, et la sévérité oscillait autour de 9,6%  alors que le taux national était à 5,9%.  La révélation de ces données a fait frémir l’assistance.

En effet en 1998, 92,3% de la population de la région s’adonnait à l’agriculture, source de leurs revenus. Pourtant 62,1% de cette population était considérée comme pauvres. Le poids de ce groupe a dû peser sur la progression de l’incidence de la pauvreté régionale et la contribution de la région à l’incidence nationale de la pauvreté (10,7% en 1994 à 11,1% en 1998 et 15,9% en 2003), bien qu’ayant bénéficié d’une atténuation due à la baisse de l’incidence de la pauvreté observée d’une façon générale chez les agriculteurs cotonniers (50,1% à 42,4% au plan national). La forte propension des ménages vivant de l’agriculture de subsistance expliquerait la forte incidence, la profondeur, la sévérité et l’évolution croissante de la pauvreté monétaire dans cette région a expliqué Diané Bamorifing.

Selon le rapport,  cette situation est doublée d’une faible présence des structures d’appui aux producteurs (ONG et organismes de financement décentralisés) dans la région, à l’accessibilité difficile des structures existantes pour la majorité des populations notamment les femmes à cause des garanties exigées.

En effet, la profondeur de la pauvreté au niveau de la région en 2003 est évaluée à 21,3% soit environ 6 points supérieur à la moyenne nationale. La Boucle du Mouhoun est la troisième région après celles du Nord et du Centre-Sud, où la pauvreté est très : 9,6%  contre une moyenne nationale de 7, 1%.

En raison du poids démographique, la région de la Boucle du Mouhoun contribue pour 16,6% à l’incidence globale de la pauvreté au niveau du Burkina.

A l’instar des années précédentes, les acteurs de la région compte mener la bataille pour le développement autour de la croissance durable de l’économie tout en s’garantissant un plus grand accès des populations aux services sociaux de base de qualité. Pour ce faire,  il faudra prévoir plus de ressources financières car ces activités demandent beaucoup de moyens. Ce sont les bitumages et l’entretien des routes, les aménagements agro-sylvo pastoraux et halieutiques, les opérations de vaccinations et la lutte contre le VIH/SIDA.  

Des objectifs réalisables mais difficilement  le chemin est semé de beaucoup d’embûches. Pendant les débats, l’assistance a été informée de l‘augmentation des frais de consultation dans les CHR.

Pour un meilleur impact du PAP (Programme d’Actions Prioritaires) 201-2012 sur les indicateurs de pauvreté  au niveau de la région, il serait souhaitable que l’Etat revoie à la hausse le niveau de contribution de son budget. Un apport plus important des Partenaires Techniques et Financiers est également souhaitable afin d’accompagner  la région dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté.

 

Dramane Sougué

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