La police nationale de Banfora a mis aux arrêts depuis la deuxième semaine du mois de mars 2012, huit (8) présumés auteurs et complices de délivrance de faux permis de conduire dans la cité du paysan noir. Selon le commissaire central adjoint de Banfora, le commissaire de police Serge Alain Kaboré que nous avons rencontré le dimanche 1er avril 2012, le cerveau de cette contrefaçon se nommerait Cheik Diakité, un fin informaticien qui prétend n’avoir pas fait plus que la classe de CE1. Parmi ses complices figurent un professeur des lycées et collèges, un surveillant, quatre (4) apprentis chauffeurs et un mécanicien.

Ces derniers temps, il ne se passe plus une semaine sans que la presse ne fasse écho d’accidents de circulation qui endeuillent des dizaines de familles. Dans notre pays tout comme dans les autres de la sous-région, ces cas d’accidents mortels pourraient s’expliquer en partie par les faux permis de conduire (PC) que détiennent certaines personnes qui malheureusement s’en servent pour exercer un emploi dans les compagnies de transport ou chez des particuliers. Parlant justement de ces faux PC, la police de Banfora, grâce à une alerte donnée par un citoyen qui a souhaité gardé l’anonymat, vient de mettre fin aux agissements d’un jeune homme de 33 ans du nom de Cheik Diakité qui depuis quelques mois avait trouvé le malin moyen de se faire de l’argent en confectionnant et en délivrant de faux permis de conduire. Son arrestation remonte à la deuxième semaine de mars 2012 selon le commissaire de police Serge Alain Kaboré qui précise que le principal accusé dans cette affaire n’est pas un inconnu du fichier de la police. « Nous l’avons une fois déposé au parquet pour abus de confiance dans une affaire de véhicule il y a juste un peu plus d’un an » confie-t-il. La source qui a prévenu la police a communiqué le nom d’un chauffeur comme étant détenteur du faux document. A entendre le commissaire Kaboré celui-ci fréquentait assez bien le commissariat de police de Banfora. « Comme s’il n’y avait rien, nous lui avons demandé de nous apporter son PC. Mais il nous a fait savoir qu’il (le permis) avait été confisqué par la police municipale. Dès que nous avons saisi cette institution, elle a bien voulu nous amener le document ». A sa vue, reprend Serge Alain Kaboré, on se rend compte tout de suite qu’il s’agit d’un faux car il y manque certains logos. Toujours selon le commissaire, le chauffeur tout comme la plupart de ceux qui ont été interpellés plus tard  se sont dits surpris par la fausseté du PC qu’ils détenaient. C’est en ce moment que le nom de Cheik Diakité est ressorti comme étant celui qui a délivré les permis. Il sera interpellé un jour au petit matin mais ne passera aux aveux que dans la soirée après plusieurs heures d’interrogatoire. 7 autres personnes parmi lesquelles se trouve un professeur des lycées et collèges du nom de Ardjouma Ouattara en poste à la DR MESS, un surveillant de  l’établissement Sacré Cœur de Banfora du nom de Issiaka Touré, un mécanicien et quatre (4) apprentis chauffeurs ont également été interpellées puis déférées au parquet le vendredi 30 mars 2012. Parmi eux, certains disent n’avoir servi que d’intermédiaires. D’autres par contre ont avoué avoir fait recours au cerveau de la contrefaçon pour se faire délivrer leur PC ;  bien sûr après lui avoir versé des sommes variant de 70 à 150 mille francs CFA.

Le cachet et la signature du DGTTM pour parfaire son faux

Même s’il prétend n’avoir pas dépassé la classe de CE1 à l’école, Cheik Diakité, à entendre les propos de la police, a une parfaite maitrise de l’outil informatique. La preuve, lorsqu’il était question d’aller perquisitionner à son domicile, il a indiqué à la police qu’elle n’y trouverait rien. « Mon outil de travail n’est ni plus ni moins qu’un ordinateur comme celui que vous avez » a-t-il dit au commissaire. Et c’est volontier qu’il a procédé à quelques démonstrations en reproduisant à l’ordinateur plusieurs documents dont des cartes professionnelles. Pour parfaire son faux, il est parvenu à scanner le cachet assorti de la signature du Directeur général des transports terrestres et maritimes qu’il appose sur les faux PC. Parmi les outils de travail du malfrat figurait une clef USB que trois informaticiens sollicités par la police ne sont pas parvenus à décryptée. Pourtant, relate le commissaire Kaboré, Cheik l’a fait au bout de quelques clics. C’est d’ailleurs cette clef USB qui contient les modèles de faux PC conçus par Cheik Diakité.

Pour le commissaire Kaboré, seule la collaboration de la population à travers le concept de la police de proximité peut permettre de mettre hors d’état de nuire ce genre de personnes. Aussi a-t-il saisi cette occasion pour inviter les citoyens à dénoncer tous les cas qui leur paraitront suspects.

Mamoudou Traoré

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