GESTION DURABLE DES TERRES DANS LA BOUCLE DU MOUHOUN

GESTION DURABLE DES TERRES DANS LA BOUCLE DU MOUHOUN
Les acteurs pour une plateforme régionale de partenariat

La gestion durable des terres préoccupe les acteurs de développement de la Boucle du Mouhoun. Réunis en atelier les 6 et 7 novembre 2012 à Dédougou, ils ont échangé sur la mise en place d’une plateforme régionale de partenariat en matière de gestion durable des terres. Cette rencontre qui entre dans le cadre de la mise en œuvre des activités du sous-programme du partenariat pour la gestion durable des terres (CPP) dans de la Boucle du Mouhoun, a été présidée par le secrétaire général de la région, (SGR) Bernard Bèba.
La feuille de route pour la mise en place de la plate forme régionale de partenariat en matière de gestion durable des terres dans la Boucle du Mouhoun, a été toute tracée au cours de cet atelier. Selon le coordonnateur du sous- programme CPP, Mamoudou Yoda, la plate forme aura pour « tuteur » le cadre de concertation régional. « Le souci, c’est de ne pas créer une autre structure, mais de s’appuyer sur celles existantes. Afin que la plateforme puisse jouer pleinement son rôle, elle va s’appuyer sur le CCR et permettra à un groupe restreint de mener la réflexion sur l’ancrage institutionnel de la plateforme à travers une analyse des textes des structures existantes », a-t-il expliqué. Pour lui, les débats ont été très enrichissants. A son avis, l’atelier a également permis de mesurer l’importance que les uns et les autres accordent à la gestion durable des terres. « Les participants ont adhéré à notre démarche et se sont montrés déterminés à freiner le phénomène de la désertification », a-t-il dit avant d’avouer toute sa satisfaction quant à la qualité et la pertinence des débats.
Des recommandations
Après quarante-huit heures de cogitation et d’échanges, les participants ont formulé des recommandations à savoir : la mise en place d’une équipe de 6 personnes pour proposer et confirmer la structure d’ancrage de la plateforme régionale ; la constitution et les attributions du noyau de pilotage de la plateforme ; passer de 1 à 2 la fréquence des rencontres des instances de la plateforme ; se pencher sur le protocole de multi-acteurs/ code de conduite ; porter à la connaissance du gouverneur les conclusions de l’atelier. De même, ils ont recommandé que l’équipe chargée de l’étude restreinte transmette les résultats de leurs travaux au gouverneur pour avis et approbation avant d’être déposés à la coordination nationale du CPP avant la fin de l’année 2012. Pour le SGR Bernard Bèba, l’adoption des méthodes de gestion durable des terres, à travers la recherche d’un partenariat élargi, la mise en place d’un cadre de concertation approprié et une grande efficacité dans la mobilisation et l’utilisation des ressources s’avère plus que nécessaire. C’est en cela qu’il a salué la tenue de cet atelier d’échanges qui a réuni partenaires techniques et financiers, représentants du ministère de l’Environnement et du développement durable, des services techniques déconcentrés de l’Etat, des organisations de la société civile, des projets et programmes, d’ONG, des organisations socioprofessionnelles et des collectivités territoriales de la région. En rappel, la mise en œuvre du sous- programme CPP de la Boucle du Mouhoun, se veut une mesure préventive qui permettra d’éviter des pertes irréversibles de terres et de biodiversité. Lancé en juin 2011 à Dédougou, le CPP est financé pour l’instant par GEF, le PNUD et l’Etat burkinabè avec comme philosophie de mettre en place une plateforme régionale de partenariat dynamique pour une planification et une coordination des interventions en matière de gestion durable des terres.
Ils ont dit
Alain Sambo Diallo, assistant technique du programme régional de développement
Ce que nous retenons des 48 heures d’échange, c’est la qualité des communications. Ces communications qui étaient très riches en informations, ont permis à nous qui sommes des partenaires techniques et financiers au développement, de savoir exactement quel peut être notre rôle dans la mise en œuvre de ce partenariat au niveau de la gestion durable des terres dans la Boucle du Mouhoun. Comme il l’a été bien signalé au cours de l’atelier, c’est un partenariat qui est recherché entre le programme, les populations et aussi les autres partenaires au développement afin qu’ensemble, nous puissions aboutir à une meilleure gestion des terres dans la région. Le document tel que présenté nous montre en tout cas une stratégie qui a été mûrement réfléchie. Je pense que les experts qui ont travaillé sur cette stratégie ont pris en compte tous les aspects qui peuvent concourir à un bon résultat. Maintenant, il y a des aléas le terrain que généralement personne ne maîtrise et qui peuvent influencer les résultats. Mais, je pense qu’il est prévu dans l’exécution budgétaire de glisser les programmes d’une période à une autre. C’est une souplesse qui pourra permettre des adaptations pour prendre en compte les imprévus qui seront rencontrés sur le terrain.
Benjamin Konané, noyau technique de l’agence de l’eau du Mouhoun
Cet atelier est le bienvenu dans la mesure où la question de la terre est une question que personne ne peut ignorer puisqu’elle est à l’origine de beaucoup de conflits, que ce soit au niveau des agriculteurs, des éleveurs ou des autorités communales pour les questions de lotissement. L’atelier nous a permis d’échanger sur plusieurs aspects. Pour l’agence de l’eau du Mouhoun, cet atelier revêt un intérêt particulier dans la mesure où on ne peut pas parler de gestion de terres sans évoquer la question de l’eau. Quand on parle de terre, il faut voir cela sous plusieurs angles. Par exemple quand on parle du volet agriculture, il y a la gestion des périmètres aménagés qui peuvent être sources de conflits en ce sens que d’autres producteurs peuvent se sentir lésés dans l’octroi des parcelles aménagées, surtout l’aspect genre (la femme qui, dans nos contrées, n’a pas droit à la terre). Pour ce qui est du foncier, il faut retenir que c’est un domaine beaucoup plus sensible. C’est en cela que je salue la recommandation qui a inséré la chefferie coutumière.

Serge COULIBALY

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