Jugement affaire Justin Zongo/ Koudougou tend l'oreille

Jugement de l’affaire Justin Zongo

Koudougou tend l’oreille

 

Hier lundi a débuté à Ouagadougou le procès des trois policiers soupçonnés de coups et blessures ayant entrainé la mort de Justin Zongo. Cette mort avait, on s’en souvient, mis le monde scolaire et universitaire dans la rue et occasionné une crise des plus violente dans tout le pays. Hier, alors que s’ouvrai le procès, à Koudougou et à Ralo, village natal de Justin Zongo, tout est calme et les citoyens, maintenus dans leurs maisons par une pluie matinale, vaquaient à leurs occupations, même si dans bien de causeries on  épiloguait sur ce procès.

 

Cyrille Zoma

 

Hasard de calendrier, programmation expressément voulue, ou caprice ironique du temps ? Il est en tout cas insolite la similitude de ces deux dates. 22 février 2011, 22 août 2011. La première fut la sortie bruyante des scolaires de Koudougou pour réclamer justice pour un des leurs, Justin Zongo, mort des suites, selon leur conviction, de sévisses policières. Cette sortie, sévèrement réprimée, a occasionné six autres morts, une kyrielle de manifestations à travers tout le pays, des dégâts matériels importants et l’installation d’une crise qui a emporté bien de têtes dont le gourvenur du Centre Ouest Baworo Seydou Sanou et même plus, le gouvernement de Tertius Zongo. La 2ème, hier donc, est le début du procès des présumés coupables de cette bastonnade policière, trois au total, et dont la rue n’a eu de cesse d’exiger le scalpe. Koudougou, la ville d’où est partie la contestation s’est réveillée en ce lundi 22 août sous des cordes de pluie ; ce fut le cas aussi à Ouagadougou, où se tient le procès ; et à Ralo, village natif de Justin Zongo, situé à 20km de Koudougou et relevant de la commune de Poa. Nous y avions fait un tour hier. Cette pluie pourra-t-elle être le présage d’un bon déroulement du procès à même de garantira la survenue du droit, le vrai, comme le veut toute la nation, surtout la frange jeune ? On l’espère. En tout cas, à Koudougou, on tend l’oreille. Même chose à Ralo, où nous y avions mis pied hier à 11h30, dans l’espoir de nous entretenir avec le géniteur de Justin, Nagoukonba Zongo, chef coutumier du patelin.

La petite voie qui mène à la cour du vieux Zongo est rétrécie par le mil qui est à une hauteur satisfaisante pour cette période de l’année. Devant la cour quelques gosses et deux femmes qui nous saluent respectueusement. Nous avions à peine mis pied à terre qu’arrive sur une bicyclette, Emile Zongo, frère ainé de Justin. Après les salamalecs d’usage et le mobile de nous visite connu, il nous informe que son père est parti à Ouagadougou la veille, soit le dimanche 21 août, pour suivre le procès. ‘’Nous aurions dû y penser plus tôt’’. Il a refusé de se prononcer sur le sujet. Estimant qu’en tant qu’enfant, il n’a pas son mot à dire dans cette affaire. Cependant, il a indiqué que c’est lui qui a été au chevet de Justin jusqu’à sa mort et qui s’est chargé de ramener son corps à Ralo, où il y est enterré, juste 20 mètres de la concession. N’ayant pas grande chose à nous mettre sous le calepin, nous prîmes néanmoins quelques photos avant de redémarrer. Direction Koudougou. Une escale au collège Gesta Kaboré, où a fréquenté Justin, à tout aussi été infructueux. Portes closes et aucune âme qui vit.

Exclure une éventuelle parodie de justice

Autour de 13h, nous avions tenté de joindre quelques acteurs qui ont intervenu dans cette affaire, mais sans grand succès. Il s’agit entre autre de Francis Nikièma président de l’ANEB de Koudougou, d’Ahmed Oualbéogo président de l’association des scolaires de Koudougou (ASK). Sûrement qu’ils se sont rendus, à l’instar de bien d’élèves et d’étudiants, à Ouagadougou pour suivre le procès. A l’heure donc où se mène ce procès tant attendu et qui ne va pas manquer de passionner les débats, Koudougou, épicentre de la contestation et point de départ de la crise, tend l’oreille. Dans les conversations, on polémique sur le procès et ce qui en sortira. Une parodie de justice juste pour calmer les ardeurs ? C’est à exclure dans cette affaire, mettent en garde certains Koudougoulais. Du reste, comme se plaisaient à le répéter les élèves et étudiants, l’état de veille ne cessera que si la justice, et la vraie, est rendue au désormais ‘’supplicié’’ du commissariat de police de Koudougou et aux autres victimes.

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