Les sinistrés de Yagma entre attente et désespoir

Yagma! La trame d’accueil des sinistrés du 1er septembre 2009. Près de 12400 ménages en provenance de Ouagadougou ont été relogés sur ce site. Yagma est un village rattaché à la capitale distant d’elle d’une vingtaine de kilomètres  côté nord-ouest. Deux ans après l’inondation, comment se portent les sinistrés ? Dans quelles conditions vivent-ils ?

Jeudi  1er septembre 2011. Il est 8 heures 30 minutes. Assis devant un kiosque, un groupe de huit jeunes hommes bavardent à haute vois en gesticulant. Une tasse de café de couleur noire est déposée devant l’un d’entre eux. Un peu plus loin, une vieille dame, la soixantaine bien sonnée, torse nu, ramasse du sable à l’aide de petits seaux usés. Les cultures (mil, maïs) en phase de montaison entourent et cachent les concessions.  La forme des feuilles rampantes d’arachide et de haricot par endroit ressemble à un terrain gazonné non coiffé.

Des tentes blanches sont dressées au milieu  des maisons  bâties en ciment ou des chantiers en construction.  » La vie est paisible ici. On s’entend bien« , affirment certains sinistrés.

Derrière cette fausse apparence se cache une vraie réalité. Les conditions de vie de ces derniers. Manque d’infrastructures sanitaire et scolaire. Le centre de santé est à 9 kilomètres. Le premier lycée est lui à 5 kilomètres du site. L’effectif est pléthorique à l’école primaire: 124 élèves en classe de 1ère année, déplore le délégué des sinistrés, Mohamed Sawadogo.

A cela se greffent d’autres soucis: l’absence d’électricité, d’eau courante, d’aires de jeux. Le chômage, dû en partie aux problèmes de déplacement de ces derniers. « Avant je gérais un parking en ville. Vue la distance maintenant, j’ai été contraint d’abandonner ce boulot au profit de la maçonnerie. Je peux passer un mois sans avoir  du travail « , témoigne avec pitié Ouilly Adama, un sinistré d’une trentaine d’années, père de deux enfants. « Regardez ces maisons abandonnées! Les propriétaires ont fui pour repartir en ville car la vie ici est très difficile » enchaine son voisin, l’air mécontent.

 Les autorités rassurent ne pas les oublier. Elles continuent d’apporter leur soutien aux sinistrés. Ceux-ci apprécient les dons mais ne cessent d’interpeller les dirigeants à solutionner rapidement leurs difficultés afin d’atténuer leur souffrance.

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