Liberté et raffermissement de la presse ; Les journalistes bobolais face à leur image

  Vendredi 1er juin 2012, le Cadre de rencontre et de réflexion des journalistes de Bobo (CRRJB) a organisé un panel en marge de la commémoration de la Journée mondiale de liberté de la presse. L’objectif était de tenir le « procès » des conditions de travail des hommes et femmes dans les média.

 

 « Un coup d’essai, un coup de maître », peut-on clamer après la tenue de ce panel « maintes fois » reporté. Un pari modestement réussi, à en croire les membres de la coordination. A l’affiche : la déléguée régionale du Conseil supérieur de la communication, Hyacinthe Sanou/Méda, la directrice de la RTB/Hauts-Bassins et enfin le rédacteur en chef de L’Express du Faso, Mountamou Kani. Chacun, respectivement s’est penché sur « La liberté de la presse, état des lieux au Burkina Faso », « Les femmes dans les médias », « L’image du journaliste bobolais ». Ce qu’il faut retenir, « c’est que la liberté de la presse a des limites », prévient la déléguée dès l’entame de sa communication, ajoutant tout de même qu’elle est essentielle pour l’ancrage de la démocratie. La fonction première du journaliste étant de livrer des informations exactes, crédibles au public, il se doit de retenir celles pouvant porter atteinte à l’ordre public, à la vie privée des personnes… Au Burkina Faso, on ne doit pas, de l’avis de la déléguée, crier à l’inexistence de la liberté de la presse. Elle justifie son propos par la floraison des titres de presse. A cet effet, on dénombre 239 média audiovisuels dont 178 avec station relais, 6 quotidiens, et plusieurs périodiques. « Tous ces média opèrent dans un environnement paisible », a-t-elle dit. Au titre de tares dégagées par Hyacinthe Sanou, le fonctionnement informel de la presse privée, les conditions précaires de travail des journalistes qui amènent certains sur le terrain de la corruption, les plagiats, etc.

La femme est une source d’information

Nathalie Somé, directrice la RTB/Hauts-Bassins s’est attardée sur l’image de la femme dans les média. Qui, à l’entendre, préoccupe plus d’un. « Le sujet n’est jusque-là pas encore écumé », a-t-elle soutenu. Pourtant, la femme est même une source d’information dans un média. Elles représentent une belle image dans les organes de presse alors qu’elles sont peu présentes. Les espaces qui leur sont réservés sont insignifiants et les stéréotypes sont légions. « Les femmes journalistes sont victimes de préjugés. Plus de la moitié ne sont pas mariées et beaucoup ont dû changer de métier pour telles ou telles raisons », a déploré la directrice. Alors que la promotion de la femme est essentielle. Elle suggère au Conseil supérieur de la communication de jouer un rôle déterminant dans cette dynamique.

Rendre les organes de presse viables

Pour Mountamou Kani, rédacteur en chef de L’Express du Faso, l’image du journaliste bobolais est ce que les journalistes bobolais ont voulu qu’elle soit. « Que dire alors ? », s’est-il demandé. Les conditions de travail des journalistes ne sont pas les plus enviables. « Le journaliste peut être en même temps le directeur de publication, le commercial, le comptable, le distributeur…», commente-t-il. Le rédacteur en chef pointe un doigt accusateur sur les journalistes dont la responsabilité est, selon lui, on ne peut plus évidente. « Comment un journaliste digne de ce nom peut-il aller demander de l’argent à des organisateurs d’une cérémonie qui ne l’ont pas invité ? », s’est-il écrié. C’est pourquoi, il demandé à la génération de journalistes montante de travailler à « renverser » l’image pas honorable qu’on colle aux journalistes de Bobo, à tort ou à raison.

Bassératou KINDO

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