Production cotonnière dans la Boucle du Mouhoun : Ces femmes qui bousculent l’orthodoxie

Production cotonnière dans la Boucle du Mouhoun :

Ces femmes qui  bousculent l’orthodoxie

Elles sont ont organisées autour d’un GPC (Groupement de Producteur de Coton) dénommé GPC Gwadima qui veut dire la bonne cuisine en langue bambara. Sur les 1625 GPC que compte la région cotonnière de la Boucle du Mouhoun c’est le seul GPC féminin à s’adonner à la production cotonnière.

 La spécificité du paiement du vendredi 11 janvier 2013, c’est bien sûr la présence du GPC (Groupement de Producteur de Coton) féminin dénommé GPC Gwadima. Depuis sa création en 2000, le groupement fonctionne tant bien que mal et a souvent des rendements supérieurs aux rendements de certains groupements d’hommes. Cette année, sur treize (13) hectares, elles ont réalisé une production  de plus de seize (16) tonnes pour un revenu de plus de deux millions (2000 000). Un rendement qui va au-delà de la moyenne.

Basé dans le département de Kona dans la province du Mouhoun, le GPC Gwadima (qui veut dire la bonne cuisine en bambara) composé de onze (11) femmes, malgré les obligations familiales qui pèsent sur elles, ont toujours répondu présentes à chaque campagne,  bousculant ainsi les vieilles habitudes. Avec une superficie de treize (13) hectares emblavés, la production du GPC Gwadima (qui veut dire la bonne cuisine en dioula) s’élève pour cette campagne cotonnière à 16,160 tonnes de coton. Le crédit s’élève à 1 247 402 francs cfa. Le vendredi 18 janvier 2013,  c’est avec une joie visiblement mal dissimulée que la présidente du GPC Sé Monton a reçu des mains de Domba Boukary, l’agent payeur d’Ecobank, la somme de 2 671 357 FCFA représentant le fruit de leur dur labeur ; une somme qui permettra à ces femmes de subvenir un tant soit peu à leurs besoins. Très émue et surprise par la promptitude avec laquelle la  SOFITEX et son partenaire ECOBANK  ont réagi face à leur demande de paiement, la présidente du GPC, Sé Monton manquait visiblement de mots pour les en remercier.

Dans ce milieu peu enclin aux changements, leur activité ne se fait pas sans difficultés. « Le fait que nous soyons des femmes nous handicapent énormément. Par exemple, pendant la saison pluvieuse, tant que les hommes ne finissent pas de cultiver leurs parcelles, ils ne s’occupent pas des nôtres. Si fait que nous semons chaque fois en retard notre coton, ce qui nous cause souvent de nombreuses pertes. En plus de ce retard, il y a le problème foncier qui vient s’ajouter. Vous êtes sans ignorer que dans nos contrées, la production cotonnière est l’affaire des hommes. Et les parcelles mises à notre disposition sont déjà usées ce qui nous amène à fournir plus d’efforts qu’il n’en faut. Nous sollicitons de ce fait, les autorités et nos maris en premier lieu de nous soutenir, car ce que nous faisons c’est pour leur venir en aide dans l’entretien de nos familles » relève Sé Monton.

Malgré les conditions difficiles dans lesquelles elles s’adonnent tant que peu aux travaux champêtres, les femmes du GPC Gwadima « ont même promis de doubler leurs superficies la campagne à venir, et nous sommes engagés à les soutenir en mettant  à temps les intrants à leur disposition et d’accentuer l’assistance technique afin que nous puissions aboutir à l’atteinte de leurs ambitions. Ce qui nous amène à encourager la création des groupements de production de coton féminins car nous avons remarqué que les femmes sont plus disposées aux conseils  techniques prodigués par les agents de l’agriculture », fait observer Abdoulaye Koumaré, chef de la région cotonnière de la Boucle du Mouhoun.

C’est un sentiment de fierté qui se lisait sur le visage d’Abdoulaye Koumaré,

ce matin en procédant au paiement de l’argent des cotonculteurs. « A entendre les producteurs apprécier la qualité de notre travail, nous ne pouvons qu’être comblés. Effectivement, lors des fora nous avions promis aux producteurs d’accélérer le système d’évacuation et le paiement du coton. Beaucoup de producteurs ne nous avaient pas cru, aujourd’hui à les entendre, nous pouvons dire que la promesse est en phase d’être tenue, et c’est à l’avantage de nous tous. Nous sommes aujourd’hui à notre cinquième paiement, et trente-quatre (34) groupements ont déjà perçu leur dû. Nous promettons encore, avec le soutien de la direction générale, que les campagnes prochaines, nous ferons tout pour honorer nos engagements dans les meilleurs délais. Les producteurs eux aussi promettent à leur tour d’emblaver plus de cent quarante mille hectares de superficies la campagne à venir » a t- il déclarer.

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