Retour à la légalité constitutionnelle au Mali: Des questions de fonds.

 

              La persévérance des chefs d'état de  la CEDEAO,  soutenue par la communauté internationale, a payé. La junte rend le pouvoir aux civils. Elle restaure la constitution et toutes les institutions dissoutes par le coup d'état. Plus que les apparences, c'est le  Droit qui est sauvé. Il demeurait la question d’Amadou Toumani TOURE. C'est réglé. Il ne fait même pas  "un petit tour et revient ". Il donne sa démission sitôt la Constitution remise d'aplomb. Conformément à cette dernière, le président  de  l’Assemblée nationale prend le témoin pour organiser des élections : le tour est joué, le droit a été respecté. Et les impétrants aux coups d'états  sont prévenus!


              Mais si l'on va plus au fond de l'accord réalisé entre la junte et la CEDEAO,   il y a nombre de libertés prises avec la constitution malienne réhabilitée,  et cela écorne quelque peu la croisade légaliste de l'organisation sous régionale. Voyons voir:

Le président de l'Assemblée  nationale censé organiser les élections dans les 45 jours ne sera pas en mesure de le faire. Le territoire est affligé d'une partition qui interdit toute consultation. Ensuite, le pays doit  se donner le temps de se doter d'un fichier électoral crédible accepté par toutes les parties prenantes maliennes. Ce n’est pas demain la veille les élections.  Ceci dit, comment résoudre la violation de  la Constitution qui se prépare avec tous ces délais impératifs qui ne seront pas respect Autre chose. Il est  dit que le président intérimaire n'aura pas les pouvoirs que lui confère la  Constitution. Ceux-ci iront au Premier ministre. Ainsi donc, passe-t-on  par l'opération  du saint esprit du système présidentiel au parlementarisme de type anglais.  Il ya ici quasi massacre à la tronçonneuse de la constitution rétablie Jamais deux sans trois ! Le Premier ministre en  question ne sera pas nommé par le Président, ni même  élu par l'Assemblée ; non,  il sera nommé par le  Facilitateur.  Après consultation des acteurs politiques et de la Société civile dans un esprit de consensus....sacrée ingérence dans la vie politique et institutionnelle du Mali tout de même !

 Le décompte n'est pas terminé. La junte sera couverte par  une amnistie accordée par la CEDEAO! Là,  les bras vous en tombent et ça se comprend. A ce qu'on sache, le Mali n'a pas fait abandon partiel ou total de souveraineté à la CEDEAO!  L'amnistie  reste de la compétence de l'état du  Mali. Voilà la CEDEAO championne du droit,  violant allégrement la loi des lois malienne ...!

Tout ici,  finalement, témoigne de l'esprit cavalier de  nos chefs d'états par rapport au Droit : entre eux et la  junte, la distance n'est pas si grande  s'agissant des voies de fait contre la  Constitution.  Mais comme dirait l'autre, qu'importe le vin pourvu qu'on ait l'ivresse.

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