Secteur minier Un peu de transparence s’il vous plaît !

Secteur minier

Un peu de transparence s’il vous plaît !

! Voilà maintenant trois ans que le Burkina Faso est devenu un pays minier. Il occupe aujourd’hui le rang de quatrième pays producteur d’or de l’Afrique après l’Afrique du Sud, le Ghana et le Mali. La production aurifère a même ravi la vedette au coton qui était jusque là le premier produit d’exportation du pays. Il ne se passe plus, depuis lors, un trimestre sans que l’on n’entende parler de nouveaux investisseurs dans cette filière. Il n’y a pas longtemps, la société britannique Cluff Gold a acquis un nouveau projet d’exploitation en plus de celle de Kalsaka qui existait déjà. Volta ressources compte quand a elle démarrer d’ici fin 2014 l’exploitation du gisement de Kiaka. Les réserves de ce site sont estimées à 125 tonnes. Avion Gold, société Canadienne a commencé les investissements pour l’exploitation de la mine de Vindaloo, à Houndé. La mine d’or de Poura, autrefois exploitée par l’Etat et fermée dans les années 1990 pour baisse du cours du métal jaune, connaîtra une réouverture. Suite à un appel d’offres de l’Etat, c’est la société Newmont Ventures Limited qui a été retenue. Dans la région des Cascades, la société australienne Gryphon Minerals est actuellement en pleine phase de recherche. La liste des sociétés encore dans cette étape d’exploration prometteuse est loin d’être exhaustive. Mais il faut ajouter à celles-ci les structures déjà en phase d’exploitation. Selon rapport ITIE (l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives), On dénombre 6 mines industrielles (Kalsaka, Younga, Essakane, Belahouro, Mana, Taparko) et 2 semi industrielles. l’Etat burkinabé a délivré 338 permis de recherche, 9 permis d’exploitation industrielle, 165 permis d’exploitation artisanale. Après donc un déni d’existence longtemps cultivé par les plus hautes autorités, le Burkina Faso autrefois considéré comme un pays à vocation agricole s’est subitement découvert des potentialités minières incroyables. Les différentes recherches entreprises confirment la richesse du sous sol. De 12,2 tonnes en 2009, la production a atteint le seuil de 32,5 tonnes en 2011 et les prévisions annoncent 40 à 42 tonnes pour cette année 2012. « Voilà qui est bien intéressant », est –on d’emblée tenté de dire. Le boom minier est aujourd’hui une réalité. Mais à qui profite tout cet or burkinabé ? La grande majorité des Burkinabé sombrent paradoxalement de plus en plus dans misère et les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Tout ce passe comme si l’on n’avait pas découvert la moindre pépite dans le sous-sol du pays. Pire, l’Etat et les mines communiquent très peu sur les chiffres. Au meilleur des cas, ils donnent des montants globaux sans dire leur composition réelle. Le ministre Salif Kaboré dira laconiquement, au détour d’une sortie médiatique, que les mines ont apporté près de 100 milliards au Budget national Sans plus de détails. Certes le rapport 2008-2009 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) indique toutes les taxes et les impôts perçus par l’Etat durant cette période. Mais est ce seulement des taxes et impôts que les sociétés minières versent à notre pays ? N’y a-t-il pas autre chose ? On a vraiment envie de savoir par exemple quel montant paient ces sociétés pour l’acquisition même des projets d’exploitation. Nulle part dans le rapport, il n’est fait cas d’une telle recette qui entre dans les comptes de l’Etat. Si tant est que, mis à part les taxes et autres impôts, les miniers ne paient rien d’autre, ce serait vraiment dommage. Car, cela nous conduira droit dans le mur parce que cela équivaudrait à dire que notre richesse est vendue à vil prix à ces structures qui s’en mettent plein les poches. Aussi, l’Etat gagnerait-il à communiquer sur la destination réelle des fonds engrangés. Il ne doit plus se contenter de dire « 100milliards dans le budget national ». Trop de zones d’ombre existent dans ce domaine et il faut rompre définitivement avec cette omerta. L’initiative à laquelle le Burkina Faso a adhéré devra prendre en compte tout ces paramètres. Vous avez dit transparence. Alors faites en sorte que tous les chiffres soient rendu publics. Ainsi, tous les Burkinabé ce qui est fait de leur bien commun.

St.tino Yam

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