60 ans de vie, 25 ans de service. Diossé Atonowé exerce son métier dans un parking devant le trésor public de Ouagadougou. Le travail commence à six heures trente. Les tickets en main, un petit sac à trois poches accroché à la hanche, il récupère les engins de ses clients et les range par colonne sous des arbres aux feuillages épais. Ensuite Diossé tend un ticket à chaque visiteur. Il insère un autre ticket sur l’engin. « Bonjour Parkeur ! Je rentre à mon retour donc » ; « Fait vite parkeur, je suis pressé » ; « Je n’ai pas de monnaie aujourd’hui. A demain » ; « Garde la monnaie parkeur, ça va ! » C’est cette ambiance qui alimente la journée d’Atonowé. « C’est le chômage qui m’a conduit ici. J’ai travaillé durant deux ans avec mon oncle Anatole Yameogo devant la mairie centrale. Maintenant, je vole de mes propres…» « Parkeur !», Il ne termine pas sa phrase lorsqu’un client l’interpelle. Le repos et le temps manquent à Diossé pour bavarder. « 25000 ou 30000 francs CFA, c’est mon fruit mensuel de ce labeur. Cette somme, je dois la partager avec ma femme et nos six enfants » précise t-il.

 

Les soucis ne manquent pas


« Je me rappelle un jour, très précisément ma première année de service. Une moto de marque CT a disparu ici. J’arrive. », demande t-il en se dirigeant vers une cliente qui semble avoir des soucis.  C’est une demoiselle maquillée de rouge à lèvre aux bassins larges. Elle n’arrive pas à demarrer sa moto. Le Parkeur lui a donné une mauvaise clé. « C’est plutôt cette moto-ci», se rachète t-il. Après l’incident, Diossé poursuit sa mésaventure : « Tu vois la prudence est notre devise.  Je viens de commettre une bêtise. Je n’ai pas pris le temps de bien vérifier les tickets. Si elles avaient pu démarrer la moto et partir, le responsable c’est bien moi. C’est ce qui s’est passé ma première année d’expérience. Le propriétaire de la moto CT m’a trimbalé au commissariat. J’y suis resté deux jours. Il a fallu que mon oncle vienne rembourser le prix de la moto avant que je ne retrouve la liberté.» Cinq secondes de silence puis il soupir. « C’est pas facile. C’est un métier à risque

Il est 13 heures. L’affluence n’est plus au rendez-vous. Diossé peut maintenant récupérer un peu et se dégourdir les jambes aux pieds d’un caïcédrat. Un plat de « bènga » (haricot) arrosé d’huile et un sachet d’eau fraîche, c’est le déjeuner du parkeur. Il balaie vite son plat et reprend son boulot avec les mêmes angoisses. 20 heures. Il est temps de compter la recette de la journée. « 3200 francs CFA, c’est pas mal. Maintenant c’est la fatigue qui m’attend à la maison. La nuit je ressens des douleurs un peu partout : au niveau des reins, des épaules, des jambes et la poitrine.» Une journée s’achève pour Diossé. Demain, une autre recommencera.

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