Zorgho ou la destination du « poisson à 4 pattes »

Localité située à 110 kilomètres à l’Est de la capitale Ouagadougou, la ville de Zorgho est réputée au Burkina pour son « poisson à 4 pattes». La spécificité de cette région confère à ses habitants un sobriquet de mangeurs de grenouilles.

Des batraciens exposés sur une natte en paille. Le ventre blanc déchiré en l’air, les intestins dehors. Non loin, d’autres espèces de ce genre mijotent dans une poêle noire.  A l’aide d’une louche, elle remue. Une dame d’un âge avancé. Quinquagénaire, sinon plus. Assise sur un tabouret à quelques encablures de la route bitumée, une croix suspendue au cou par un fil, un foulard légèrement attaché à la tête. Son visage est serein.  Elle se nomme Absèta Kaboré. La vente des grenouilles est son activité secondaire, après l’agriculture. Tout comme elle, plusieurs femmes s’adonnent à ce commerce à Zorgho.

Sans aucune gêne, les habitants de cette ville semblent êtres fiers de leur « poisson à 4 pattes». Ils soutiennent une idée selon laquelle dès qu’on goutte une fois on ne peut plus s’en passer.  Riche en vitamines, délicieuse, propre, naturelle, les qualificatifs ne manquent pas aux amateurs pour apprécier la qualité de la chair de ces batraciens.

« Le prix varie selon le type de client et la grosseur de l’animal. Je vends la petite grenouille à 100 francs CFA et la grosse à 200 francs. Mais avec les « gourous » (les clients en voiture), le coût initial double». Ces propos de Absèta provoquent un éclat de rires des vendeuses de son voisinage. « Ah oui ! Qui ne sait pas chercher l’argent?», poursuit-elle, la tête baissée pour ranimer le feu à bois.

Attention aux intestins !

Les femmes achètent les grenouilles (3 à 200 francs CFA) avec des jeunes garçons. Ceux-ci les pêchent à la main dans le barrage de Mogtédo situé à une vingtaine de kilomètres de Zorgho.  Bien que ce soit un batracien herbivore, la préparation de la grenouille nécessite un certain nombre de précautions hygiéniques à prendre.

Quand elle reçoit les grenouilles, la première étape, c’est de les laver au savon. Ensuite, elle les rince deux fois à l’eau propre. Enfin, elle les frit pour pouvoir les conserver longtemps. Une fois dans la poêle, l’huile et le feu s’occupent du reste.

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