Si on doit vivre pour mourir pourquoi naître alors ? C’est la question que je me suis posé quand j’ai appris la triste nouvelle de la mort de Moussa Zongo. Mais après réflexion une idée me vient à l’esprit, la vie est un combat et la mort le repos. Mais il y a des repos dont on ne voudrait prendre parce qu’on veut toujours poursuivre le combat de la vie. Moussa Zongo s’est battu activement. Il fait parti des grands journalistes d’investigations que le Burkina ait connus. Certains de ses écrits ont même fait trembler la sphère politique. C’est l’un des rares journalistes à avoir fait presque le tour du Burkina à la chasse de l’information détenue secrète par certaines personnes ou institutions parce que n’ayant aucun intérêt qu’elle tombe dans l’espace public. Quand j’ai intégré la rédaction de L’Evénement en octobre 2011 pour mon stage, j’ai fait environ un mois avant de voir Moussa Zongo. Il était sur les traces des APE dans les écoles. Le titre : « Association des parents d’élèves : Une caverne d’Ali baba qui dure depuis 20 ans »

Ce journaliste que je pleure aujourd’hui avait la passion de son métier et m’a beaucoup inspiré dans la voie de l’investigation. Je l’ai beaucoup côtoyé et l’ambiance était bon enfant. J’ai beaucoup appris de lui, surtout sur ces méthodes de travail. Souvent traqué devant les tribunaux par des « enfoirés » que ses écrits mettaient en cause, il sortait la tête bien haute parce que professionnellement il restait irréprochable.  C’est un grand journaliste d’investigation qui est tombé. Il a été plusieurs fois lauréat du Prix anticorruption du REN/LAC. Il a été également lauréat du Prix international Natali Lorenzo sur la démocratie et les droits humains et du Prix de l’ADEA sur l’éducation.

A 33 ans, ce journaliste émérite avait toujours beaucoup de flèches dans son carquois. Mais hélas ! « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années » pour citer Pierre Corneille. C’est en cela que la faucheuse a décidé autrement du sort de Moussa Zongo ce 24 septembre 2013. La veille de cette tragédie, c’est-à-dire le lundi 23 septembre, j’ai appelé Moussa au téléphone à 8h 50. On a discuté plus de sept (7) minutes sur un sujet journalistique délicat que je traitais et dont il avait une parfaite maîtrise. J’étais loin d’imaginer que cette voix allait s’éteindre à jamais le lendemain. Ce court moment au téléphone, je m’en garderais un souvenir éternel.

Moussa Zongo, tu as servi et représenté dignement à l’intérieur comme à l’extérieur le Burkina Faso, ta chère patrie. Que sa terre te soit légère.

Adieu grand-frère !

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