Déclaration de la SEP à l’occasion de la Journée mondiale de la Liberté de la presse

La communauté nationale des médias du Burkina Faso, à l’instar du reste du monde célèbre ce 3 mai 2014, la Journée mondiale de la liberté de la presse proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Le thème retenue par l’UNESCO cette année est : La liberté des medias pour un avenir meilleur : contribuer à l'agenda de développement post-2015.

 

En cette occasion, la Société des éditeurs de presse (SEP), voudrait joindre sa voix à toutes celles des organisations et institutions de défense de la liberté de presse, pour exprimer son attachement au plein exercice de la liberté et du devoir d’informer ainsi qu’au droit des citoyens, de quelque niveau qu’ils soient, à l’information juste et indépendante.

 

La commémoration de cette journée est un moment fort pour l’ensemble des professionnels des médias de :

 

-          se souvenir des journalistes autres professionnels des médias tombés sur les champs du combat pour la quête de l’information donc dans l’exercice de leur profession ;

-          de rappeler aux gouvernants, à toutes les forces politiques et autres cercles de pouvoirs la nécessité de protéger les journalistes et faciliter l’accès aux sources d’information en toute quiétude et surtout de respecter leurs engagements internationaux en faveur de la liberté de la presse ;

 

-          de poursuivre la réflexion pour les médias professionnels sur les questions relatives à la liberté de la presse et à la déontologie, bref sur le professionnalisme comme seul gage de leur légitimité dans leurs sociétés respective ;

 

-          enfin de prendre des engagements collectifs de faire des médias des acteurs de progrès économique et social, de l’enracinement de la démocratie et de la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard de certains pans entiers de la société.

 

La commémoration de cette journée 2014, intervient dans un contexte mondial où la liberté de presse subit les affres des conflits de toutes sortes avec malheureusement des pertes en vies humaines. La multiplication des foyers de tension à travers le monde et en Afrique contribuent à fragiliser cette liberté de la presse dans bien des régions du monde (Syrie, Ukraine, Centrafrique, Mali, etc.) En effet comme le fait remarquer Reporters sans frontières (RSF) dans son dernier classement mondial sur la liberté de la presse « le classement 2014 souligne logiquement la corrélation négative entre un conflit – ouvert ou non déclaré – et la liberté d’information. Dans un contexte d’instabilité, les médias sont des objectifs et des cibles stratégiques pour les groupes ou individus qui tentent de contrôler l’information en violation des garanties apportées par les textes internationaux, en particulier l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels I et II de 1977. » A cela s’ajoutent certains Etats ou groupes armés dans plusieurs pays qui s’illustrent en véritables prédateurs qui tendant à confiner les journalistes au silence en entravant la liberté d’exercer leur profession avec toute la rigueur qui sied.

 

Au Burkina Faso, la liberté de la presse conquise de hautes luttes à la fois des professionnels des médias que des organisations de la société attachées au plein exercice des libertés individuelles et collectives est aujourd’hui une réalité tangible. Cette liberté se manifeste par la prolifération des organes et entreprises de presse écrite et audiovisuelles.

 

Malgré quelques dérives constatées ça et là et résultant parfois de l’insuffisance de formation de certains acteurs, les professionnels des médias montrent globalement des signes encourageants en terme de volonté de défendre cette et de consolider cette liberté de création et d’animation d’entreprise de presse.  Certes, des difficultés demeurent. Les principaux obstacles à la liberté de presse restent tributaires de la précarité de la majorité des entreprises de presse privée qui peinent à assurer leur propre fonctionnement et de garantir de meilleures conditions de vie et de travail aux journalistes et autres professionnels des médias. Or, si le privé a contribué à rompre le monopole de l’information que détenaient les médias publics, il n’en demeure pas moins que la précarité des entreprises constitue un obstacle majeur au plein exercice de la liberté d’informer et l’accès du public à l’information diversifiée et crédible.

 

En cette 2014, la commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse intervient dans un contexte sociopolitique national marqué par une forte cristallisation des tensions autour de la perspective de la présidentielle de 2015. Un tel contexte déteint naturellement sur la presse dont la production est naturellement influencée par l’évolution de la situation nationale. L’émergence de médias partisans peut également constitué un danger en ce sens que les médias peuvent être utilisés par certains acteurs de la vie politique pour attiser la tension à travers des propagandes et autres discours violents ou incitant à la violence.

 

Face à cette situation, la SEP saisit l’opportunité de la célébration de cette journée internationale de la liberté de la presse pour :

 

-          interpeller l’ensemble des professionnels de la presse sur leur devoir de respecter l’éthique et la déontologie de leur profession ainsi que sur leur responsabilité sociale dans ce contexte national particulier ;

 

-          rappeler aux gouvernants la nécessité d’accompagner les entreprise de presse privée à travers la mise en place de mécanismes d’appuis multiformes (allégements fiscaux, création de fonds, augmentation de la subvention, accès aux sources d’information, etc.) pour leur permettre d’accomplir leur mission de services publics ;

 

-          inviter les organisations professionnelles des médias à unir leurs efforts pour contribuer (à travers les formations continues, les échanges et autres espaces de dialogues et de veille, l’autorégulation, etc.) à renforcer le professionnalisme et protéger les journalistes contre toute forme de prédation de la liberté ;

-           

-          inviter l’opinion publique nationale et internationale à rester vigilante  dans la protection de la liberté d’informer ;

 

-          réaffirmer notre solidarité avec tous nos confrères de par le monde qui sont empêchés d’exercer leur profession par divers prédateurs.

 

La SEP voudrait ici rendre un vibrant hommage à tous les confrères et consœurs arrachés à la profession et à l’affection de leurs proches au cours des douze derniers mois. Dans ce même registre, elle ne saurait oublier notre confrère Norbert Zongo, assassiné depuis bientôt  16 ans par des criminels qui échappent encore à la justice. A ce sujet, l’on peut se réjouir de la décision de la cour africaine des droits de l’homme confirmant que la justice burkinabè n’a pas fait preuve d’une volonté de retrouver et punir les assassins de Norbert Zongo.

 

Convaincue que la protection de la liberté de liberté de la presse est incontestablement un combat pour la démocratie et l’état de droit, la SEP réaffirme son engagement sans faille à maintenir le cap, voire renforcer son action au service d’une presse libre, plurielle et professionnelle. 

 

A tous ses membres et à toute la profession, la SEP vous invite à mettre à profits cette journée du 3 mai pour réfléchir individuellement et collectivement aux défis qui se posent à notre pays et à notre profession.

 

 

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