DEMANDE D’EXTRADITION DE BLE GOUDE PAR LA CPI: Un dilemme pour le pouvoir d’Abidjan

C’est un coup de théâtre que ce qui vient de se passer du côté de la lagune ébrié. Quelques jours après avoir demandé l’extradition de l’ex première dame ivoirienne Simone Ehivet Gbagbo, la Cour pénale internationale (CPI) s’est une fois de plus illustrée. En effet, le mardi 1er octobre dernier, l’institution dirigée par Fatou Bensouda a annoncé avoir émis un mandat d'arrêt contre l’ancien leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé.

Une décision qui n’est pas vraiment une surprise quant on sait le rôle que l’ex-ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo a joué dans la crise postélectorale de 2011 qui avait fait 3 000 morts. Tout comme la plupart des membres du régime déchu, Charles Blé Goudé est poursuivi pour meurtres, viols, crimes contre l’humanité.

Si la requête de Bensouda et des siens semble légitime, il n’en demeure pas moins que celui que l’on appelle “le général de la rue“ serait plus utile en Côte d’Ivoire qu’aux Pays Bas –la Haye s’entend !-. Voilà la justice ivoirienne et son chef suprême dans un nouveau dilemme. Entre l’extradition de Charles Blé Goudé et  son jugement par la justice ivoirienne, Abidjan reste partagée. Et cette indécision s’explique par le temps de réflexion demandé. "Abidjan répondra le moment venu à la CPI qui a annoncé avoir émis un mandat d'arrêt contre Charles Blé Goudé. On ne va pas s'engager sur des délais ", déclarait le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné.

Une décision de raison pourrait-on dire d’autant plus que, depuis la fin de la crise postélectorale, seuls les proches de l’ex-président ivoirien semblent –mis à part le menu fretin Hamado Ourémi- être visés par la justice. Quand bien même plusieurs proches d’Alassane Ouattara ont été mêlés et cités dans plusieurs affaires de meurtres, de viols, d’assassinats… ces derniers ne sont nullement inquiétés. La justice des vainqueurs ? Ça en a tout l’air !

Mais, en attendant  que les autorités ivoiriennes ne donnent leur verdict concernant son extradition, Charles Blé Goudé pourrait être plus utile dans une Côte d’Ivoire encore déchirée, divisée, séparée ! Car, quoi que l’on dise, aujourd’hui encore, des milliers de jeunes et autres Ivoiriens sont réticents quand à la réconciliation tant prônée et si chère au locataire du palais de Cocody. Et l’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo pourrait y jouer un important rôle, quand on sait que ce dernier demeure, malgré tout, un personnage clef, un leader d’opinion, un sérieux adjuvant pour le retour à la paix et à une réconciliation véritable dans le pays d’Houphouët Boigny.

Par Philippe Bouélé BATIONO

 

 

 

 

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