Entreprenariat des jeunes à Banfora : Portraits croisés d’éleveurs à Nafona

 

                        Nafona, secteur n°9 de Banfora, regorge de jeunes entrepreneurs en élevage qui bénéficient de l’appui conseil et financier du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes(FAIJ). C’est dans cette banlieue de Banfora que nous sommes allés découvrir, le 1er décembre 2011, les installations et les conditions de travail de deux jeunes qui évoluent dans le domaine de l’élevage.

                        

                    Alice Dabiré, âgée de vingt deux (22) ans et mère de deux(2) enfants s’est engagée dans l’élevage de la volaille, notamment des pondeuses. « Chaque matin, dès 6 heures, j’enfile ma tenue et mes sandales de travail et je vide les abreuvoirs et mangeoires de mes poussins âgés d’un mois. J’observe toutes les conditions d’hygiènes recommandées  pour éviter de mettre des microbes et des virus en contact avec ma volaille», explique cette jeune femme. Elle soutient que la pratique de l’élevage lui a été inculquée par son père depuis son bas âge et aujourd’hui elle dit y avoir pris goût. Mieux, cette activité constitue une source de revenus qui lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

En 2010, Alice Dabiré a pris part à la formation des jeunes en entreprenariat à l’issue de laquelle son projet d’élevage de volailles a été retenu. Cette formation lui a notamment permis d’acquérir de bonnes notions en élevage de volailles. Il faut noter qu’auparavant, son projet d’élevage de volailles locales avait débouché sur un échec qu’elle attribue  au climat de sa zone d’élevage. Aujourd’hui elle s’est reconvertie dans la race des pondeuses dont elle entretient plus de 600 têtes et à ses propres frais puisque, dit-elle toujours déterminée : « Depuis la sélection de mon projet d’élevage de volaille en 2010, je n’ai pas encore reçu mon financement».

Par ailleurs,  « Je rencontre des diffifultés liées à l’approvisionnement en aliments de volailles  vu leur coût extrêmement élevé. « Malgré ces embuches, je crois fermement à la réussite de mon unité d’élevage, mais il me faut un appui financier pour accroître ma production afin d’espérer contribuer à la scolarisation de mes enfants et accompagner mon mari », conclut Alice Dabiré, nullement découragée.

Toujours à Nafona, Karim Séré, un jeune entrepreneur de 28 ans s’est investi dans une filière peu connue au Burkina Faso, c’est-à-dire les aulacodes, plus connues sous le nom d’« agoutis». « Je me suis inspiré du programme national d’élevage des aulacodes à Banfora. C’est à partir des expériences et conseils de ce programme que j’ai initié mon projet qui a été soumis au FAIJ en 2008 ». En 2009, son projet est financé à hauteur de 1 750 000 F CFA et aujourd’hui il s’estime heureux après 3 ans d’exercice puisque, dit-il : « tout marche à merveille ». Son unité compte une centaine de têtes d’aulacodes après qu’il en ait vendu 200. « Cela me permet d’abord de m’auto-employer, mais aussi de rembourser le prêt au FAIJ », ajoute-t-il, non sans une certaine fierté.

Cette filière d’unité d’élevages des aulacodes est une filière naissante dont les contours ne sont pas encore maîtrisés par les jeunes qui veulent s’y aventurer. Néanmoins pour Karim Séré, c’est une passion qui peut nourrir son homme même s’il ya des contraintes liée au mode de remboursement du crédit du FAIJ. « La périodicité de remboursement semestriel  du prêt au FAIJ ne collait pas avec les réalités techniques de mon projet. J’ai donc négocié un autre mode d’acquittement, ce qui m’a été accordé par le FAIJ ». De 2009 à 2011 il affirme avoir épongé 50% de son dû et s’est engagé à solder son prêt d’ici fin 2012. Pour notre jeune promoteur, les difficultés sont liées à une insuffisance de financement parce que selon lui, l’entretien d’une unité d’élevage  d’aulacodes nécessite de grands moyens notamment pour leur habitat et leur alimentation. Il poursuit en disant : « je suis seul pour mon unité d’élevage, par manque de moyen pour embaucher un manœuvre ». Néanmoins, aux dires du promoteur, cette filière des aulacodes est « une bonne affaire ». « La demande en ce moment dépasse l’offre. J’ai des clients à Banfora, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et même ailleurs » soutient Karim Séré dont les souhaits sont respectivement de solder son crédit à bonne échéance au FAIJ, de poursuivre son activité, d’agrandir son unité d’élevage des aulacodes et de diversifier ses filières de productions en élevage pour aboutir à une grande ferme. Tout un programme.

                                                                               Abdoul Karim BANAO

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