Le lycée public Yadéga de Ouahigouya croupit sous le poids de la vieillesse. Les bâtiments qui datent près de 70 ans sont dans un état très défectueux. Les risques d’écroulement deviennent de plus en plus évidents. La peur habite les esprits des travailleurs et des parents d’élèves de cet établissement. Ils crient au secours. Mais l’appel tarde toujours à toucher des cœurs sensibles.

Plus rien ne va au Lycée public Yadéga de Ouahigouya sauf les résultats scolaires. 44,92% de succès au brevet d’étude du premier cycle (BEPC) cette année. L’établissement a enregistré une réussite de 70,73% au baccalauréat série A4 et la série D, 76,31%. C’est la peur au ventre que les élèves, les enseignants et le personnel administratif travaillent dans ce lycée. Ce temple du savoir a été construit dans la cité de Naaba Kango vers les années 1940. Actuellement les bâtiments sont dans un « état très déplorable. » D’importantes fissures sur les murs. Des dalles servant à revêtir la charpente tombent. Le dernier drame en date du 08 juin 2013. Un vent violent a décoiffé un bâtiment à trois classes dans la nuit au moment où sept élèves s’y trouvaient en train d’apprendre leurs leçons. Sur les vingt-sept salles de classe du lycée, huit présentent moins de risques.

Des constats sans solution

Une source venant de l’administration de l’établissement confirme que plusieurs rapports sur l’ampleur de la situation ont été transmis à qui de droit. Les premiers responsables régionaux en charge de l’enseignement secondaire et supérieur se sont rendus sur les lieux pour constater les faits. Suite aux dégâts causés par le vent, le président du conseil régional du nord, Aboubacar R. Savadogo a demandé au proviseur du lycée de leur transmettre une description détaillée du coût de réfection dans le but de rechercher du soutien. Jusqu’à présent, aucun chantier en perspective.

La colère des parents d’élèves

« Nous avons adressé des correspondances l’année dernière aux députés et ministres de la région pour demander leur soutien. Malheureusement aucun député, aucun ministre nous a approché pour comprendre mieux le problème. C’est sur fonds propre des parents d’élèves que nous venons d’achever la construction d’une salle de classe. Le proviseur actuel n’a jamais cessé d’attirer l’attention des plus hautes autorités sur le problème. C’est plus que de la négligence. » S’insurge le secrétaire général de l’association des parents d’élèves (APE) du lycée Yadéga, Abdoul Ramane Ouédraogo. Ce dernier trouve que l’Etat n’a pas encore pris conscience du danger qui plane sur cet établissement qui depuis plus de vingt ans n’en a pas encore bénéficié de nouvelles constructions. La rentrée des classes avancent à grands pas avec ses inquiétudes. L’administration annonce la fermeture probable de trois classes de 6è. Les élèves et les enseignants vont-ils accepter repartir dans ces locaux prêts à s’écrouler du jour au lendemain ? L’APE quant à elle, réfléchit déjà sur les moyens dont elle peut disposer pour « se faire entendre. »

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