Saint Silvestre 2011 : Quand l’ambiance rime avec vie chère à Bobo !

2011, s’en est allé avec tout son cortège de vicissitudes. En tout cas, espérons-le. 2011, année rebelle, tumultueuse, dure, révolutionnaire, chère, terrible (...), a eu droit à tous les qualificatifs. Notre équipe a sillonné la ville de Bobo-Dioulasso la nuit de la Saint Sylvestre pour voir comment les Bobolais ont tourné la page.

 

Le réveillon de 2011 a été spécial. Si les autres années on avait l’habitude d’organiser les festivités grandioses, au domicile du gouverneur de la région des Hauts-Bassins ou à la place de la mairie, tel n’a pas été le cas cette année. A cause du déficit céréalier et de la mesure prise par le gouvernement pour interdire les dépenses festives. Où aller pour le reportage du réveillon ?

A la Maison d’arrêt et de correction de Bobo. Pour voir comment les détenus accueillent la nouvelle année 2012. « Ce sont les Gardes de sécurité pénitentiaire en service la nuit du 31 décembre qui veulent organiser une fête. Mais pas pour les détenus. Ces derniers ne peuvent d’ailleurs pas sortir. Peut-être qu’ils fêteront à leur manière dans leurs cellules », nous a communiqué l’intérim du régisseur qui nous dira que notre projet n’est pas réalisable. Que faire maintenant ? Pourtant, il faut couvrir le réveillon.

A 22h, nous voilà à la Cathédrale. A cette heure déjà, les fidèles chrétiens assis ou débout priaient et confiaient la nouvelle année au Tout-Puissant. Marie Madeleine Traoré, élève en informatique, est venue pour consacrer les premières heures de 2012 « au Créateur qui veille toujours sur elle ». Son vœu à elle, est que toutes les filles à la recherche de foyer et d’emploi puissent être satisfaites en cette nouvelle année. Aussi, a-t-elle ajouté : « Que Dieu consolide davantage nos fois et nos croyances en Lui. Et qu’Il nous épargne des calamités économiques, sociales, financières... que nous avons vécues en 2011 ».

De la Cathédrale, nous voilà sur le boulevard de l’Indépendance. Il était 23h. Un accident s’était produit sur la même route. La police nationale et les sapeurs-pompiers étaient déjà sur place pour le constat. « Nous sommes à notre 17e sortie depuis le matin pour des cas d’accidents », nous confiait l’agent de police visiblement abattu. Jusqu’à cette heure (23h), trois cas malheureux de décès ont été enregistrés.

Ces hommes qui se sacrifient pour la sécurité des  populations sont souvent victimes d’injures. «Lors des opérations de sensibilisation, explique l’agent de police, lorsque nous les interpellons pour la vitesse, certains se donnent le plaisir de nous insulter. Souvent, ils s’en prennent même à nos mères », a-t-il dit. Du côté de l’église de l’Alliance chrétienne, le pasteur Emmanuel B. Héma nous confie que leur message a été la persévérance, l’engagement et le renouvellement avec Dieu. Afin de mieux appréhender les missions vis-à-vis du Seigneur.

Quand la fête se conjugue avec la vie chère...

A 23h 30mn, nous visitions le maquis Sadiwala (apprendre à se connaitre en langue djan sis au secteur 21). L’ambiance était assez timide. Quelques personnes se réjouissaient sur la piste de danse, d’autres assises dans les jardins se régalaient. « Cette année n’est pas vraiment comme les autres années passées ou à partir de 20h, les places assises manquaient, de même que les boissons », nous explique le gérant du maquis, Christophe Kaboré. Un client que nous avons rencontré à la porte, lie cette situation à la cherté de la vie et aux crises sociopolitiques que le monde à connues en 2011. Qu’à cela ne tienne, poursuit le client qui est un agent de santé, « Le 31 décembre est un jour pas comme les autres. Il faut bien le passer dans la rue. Surtout pour un fonctionnaire qui a vu augmenter son salaire de 5%, on ne peut que remercier nos gouvernants et souhaiter la paix pour notre pays». A Ibiza, où nous sommes passés autour de 23h 40, le responsable des lieux nous rassure que tant bien que mal, les affaires marchent. Le ticket d’entrée de la boite de nuit qui était de 5 000 F est fixé à 3 000 F, la situation financière oblige. Dans la boîte, l’ambiance était morose. Peu de gens dansaient. Tout comme à Ibiza, l’ambiance n’était pas aussi des grands jours à Macoumba. Nous y étions à minuit. Le moment fatidique où sons de pétards, accolades, (...) et autres gestes et cris de joie se mêlent. Le gérant Jacob Sia a présenté ses vœux les meilleurs à toute la population burkinabè et particulièrement à la jeunesse bobolaise. « Que 2012 soit une année de paix pour le Faso », a-t-il souhaité.

                                                        

39 cas d’accidents dont 15 graves.

L’interne Eric Togbe était de garde la nuit du 31 décembre 2011 au Centre universitaire Souro Sanou (CHUSS). Il confie que durant toute la journée de ce dernier jour de l’année 2011 et ce, jusqu’à 1h du matin, 39 cas d’accidents ont été enregistrés dont 15 cas graves directement conduits au bloc opératoire. Ce chiffre, l’interne le trouve relativement satisfaisant car les statistiques des années passées sont plus graves. Dans la salle d’urgence, deux blessés étaient allongés. L’un sur le sol et l’autre sur la table. La plupart des victimes, a-t-il dit, sont des hommes et des enfants. Nous bouclions notre circuit à la maternité dudit hôpital où Traoré Fatimata a donné la vie au premier bébé de 2012 à 00h44. C’est une fille.

Bassératou KINDO 

Vues : 69

Commenter

Vous devez être membre de Médias Burkina Faso pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Médias Burkina Faso

© 2021   Créé par CNP-NZ.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation