SALLE DE SPECTACLE DE OUAHIGOUYA : Une splendeur à l’abandon

Dans le but de répondre aux besoins nouveaux en matière de culture et de faciliter les manifestations culturelles, l’Etat burkinabè s’est engagé à doter chaque chef lieu de région d’une salle de spectacle digne de son nom. C’est ainsi qu’en 2009, Ouahigouya bénéficie d’une infrastructure à l’occasion du 49è anniversaire de la fête de l’indépendance du pays. Près de quatre ans après son inauguration, la salle reste fermée pour des problèmes de gestion et d’équipement.

C’est une grande bâtisse imposante. Elle fait partie du décor splendide de la cité des forces vives de Ouahigouya. Isolée des autres bâtiments, la salle de spectacle polyvalente se présente sous forme trapézoïdale avec des extrémités arrondies. Elle est constituée d’une terrasse d’entrée, d’une grande salle de 1500 places, des loges pour VIP et des toilettes. Derrière cette apparence se cache une triste réalité. Depuis son inauguration le 10 décembre 2009, la salle a abrité au maximum trois spectacles à notre connaissance. Pourquoi un tel investissement qui devrait être pourvoyeur de retombées pour Ouahigouya à l’abandon ? Notre soif de mieux comprendre a été étayée par la révélation de deux principales difficultés : la gestion et le manque d’équipement.

Qui gère la salle de spectacle de Ouahigouya ?

«Jusqu’à présent, nous ne pouvons pas dire avec exactitude la gestion incombe à qui, » répond le directeur régional de la culture et du tourisme du nord, Paul Darga. « A notre arrivée, nous avons cherché à visiter la salle et savoir à qui était confié la gestion. Nous sommes allés au gouvernorat et on nous a fait savoir que la salle a été reversée dans le patrimoine communal donc gérée par la mairie de Ouahigouya. De la mairie, on nous apprend qu’un agent du gouvernorat détient la clé. On n’a jamais su qui détient cette clé. » Ajoute le directeur régional d’un air désespéré. Il poursuit : « la commune à son tour n’ayant pas accès à la salle pour faute de formalités administratives selon le gouvernorat, a engagé néanmoins un agent pour sécuriser l’infrastructure restée fermée jusqu’aujourd’hui. » Actuellement, c’est le lieu d’étude privilégié pour bon nombre d’élèves et étudiants. Les chauves-souris, les margouillats et les lézards y ont également installés leurs bases. Le bâtiment est en proie à des truands qui ont commencé à briser les vitres.

La salle manque aussi de commodités

En plus du problème de gestion, la salle de spectacle ne dispose pas de chaises ni de podium. La sonorisation est défaillante. « Elle retient les échos, » nous confie Saydou Koudougou alias ‘’Saydou publicité’’, entrepreneur de spectacles dans la cité de Naaba Kango. Pour lui, l’obscurité des lieux est aussi l’une des raisons pour lesquelles les promoteurs d’activités culturelles ne s’intéressent pas à l’infrastructure.


« Pas moins de 50 millions perdus en gardant la salle fermée »


La commune de Ouahigouya est la grande perdante en n’exploitant pas cet édifice culturel. Les pertes s’évaluent en moyenne à une cinquantaine de millions de francs CFA selon les estimations faites par le directeur régional de la culture et du tourisme du nord, Paul Darga. « Il suffit de dépenser deux à trois millions pour réaménager et équiper le bâtiment et récolter des dizaines de millions à travers les spectacles, les locations pour les conférences et autres grandes rencontres, » propose celui-ci.

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