SN SOSUCO: Des délégués syndicaux à la barre du TGI de Banfora

Tribunal de Grande Instance de Banfora

Des délégués syndicaux et du personnel SN SOSUCO à la barre

Le mardi 10 janvier 2012, 20 délégués syndicaux et du personnel, sur 22 attendus, étaient à la barre au Tribunal de Grande Instance de Banfora. Ils devaient répondre de faits de vol de pneus et de sucre, de coups et blessures volontaires et de dégradation de biens mobiliers d’autrui et d’incendie de domicile. L’audience qui s’est déroulé sous une haute surveillance militaire n’a cependant pas livré son verdict. L’affaire a été mise en délibéré pour le 31 janvier 2012. En attendant, le ministère public qui a requis la relaxe pour le SG de la section CGT-B de la SN SOSUCO Abdoulaye Tiala a demandé 36 mois de prison ferme avec émission de mandat d’arrêt contre les 2 absents et 16 mois de prison ferme pour la plupart des prévenus.

Le mardi 10 janvier 2012, le palais de justice de Banfora, pour la seconde fois en 2 semaines a connu une affluence des grands jours. Et pour cause, 22 responsables syndicaux et délégués du personnel de la SN SOSUCO, accusés de vol de pneus et de sucre, de coups et blessures volontaires, de dégradation de biens d’autrui devaient comparaître à la barre. A l’entrée du palais, la forte présence de policiers et de gendarmes tenait au respect tous ceux qui arrivaient. Il fallait montrer patte blanche pour accéder et à la cour et à la salle d’audience. Les corps habillés procédaient à une fouille minutieuse depuis le tronc jusqu’aux jambes et même dans les sacs à main. Bien sûr comme d’habitude, il fallait laisser un document d’identité au poste de police du palis. Des équipe de gendarmes et de CRS sont venus de Bobo pour porter main forte à ceux de Banfora. Même du côté de la SOSUCO, nous a confié une source bien informée, plusieurs hommes de tenue étaient présents. Une rumeur qui faisait état de manifestations des ouvriers au cas où le verdict ne serait pas à leur avantage serait selon une autre source à la base de la forte présence militaire à ce procès dont les faits remontent à juin 2011. En effet, à cette période les ouvriers, pour protester contre des réformes que la direction générale de la SN SOSUCO opérait, ont observé des arrêts répétés de travail. La tension à partir de ce 6 juin 2011 est allé grandissant jusqu’au 9 juin 2012 où les ouvriers en courroux ont sortis des pneus de l’usine pour aller barrer le passage sur la nationale 7 du côté de Takalédougou. Sur 19 pneus sortis, il est ressorti au cours de l’audience que seulement 2 ont réintégré l’usine. D’où le chef d’inculpation de vol de pneus. Le lendemain 10 juin 2011 lorsque la direction générale a décidé de mettre l’ensemble des travailleurs en chômage technique, la colère des ouvriers est devenue incontrôlable. Ils ont asséné de coups les envoyés de la direction générale venus de Bobo, a-t-on appris, pour afficher la note. Ils ont ensuite incendié leur monture, une moto Dragon, avant de se déporter au domicile du directeur de l’usine et de celui de la maintenance qu’ils ont mis à feu. Mais avant ces faits, le directeur financier et comptable de la boîte Apata Joachin a, selon les termes du renvoi, été pris à partie par les ouvriers au sein de l’usine au point qu’il s’est vu obligé de s’en échappé en toute catastrophe, causant des dégâts sur son véhicule de service. C’est l’ensemble de ces actes qui a valu aux 22 prévenus les chefs d’accusation de coups et blessures volontaires et de dégradation volontaire de bien d’autrui. Il s’agit de Tiala Abdoulaye, Sanou Basile, Koné Kadidia Niangouan, Sogodogo Mamadou, Kadio Lamoussa Léopold, Traoré Fousseni, Sombié Issa, Sombié Abdoulaye, Hébié Gérard, Soulama Baba, Traoré Issa, Sawadogo Michel, Sourabié Fabarka, Sanou Jérôme, Karama Kalifa, Traoré Sam Oumar, Sanou Yssouf, Sanou Dibi Eric, Kara Abel, Diarra Pertiou et des 2 absents Kam Christophe et Ouattara Adama.  Tous poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation, les prévenus qui allaient tous refuser de reconnaitre les faits à eux reprochés ont par la voix de Abdoulaye Tiala, et ce dès l’entame du procès, demandé un report afin de mieux préparer leur défense. A les entendre, ce n’est qu’à partir du 23 décembre que les premiers d’entre eux ont reçu leur citation à comparaitre. D’autres ne les recevront que la veille du procès. « Nous avons cru que nos centrales syndicales allaient nous proposer des avocats mais ça n’a pas été le cas » a conclut le SG CGT-B de la SN SOSUCO. Le procureur leur a reconnu ce droit mais il leur dira en substance que « Le ministère public est soucieux de la défense des prévenus mais il est intéressant que l’on puisse vider ce dossier aujourd’hui. Il est assez lourd et prendra assez de temps. Nous ne pouvons donc pas le programmer avec d’autres dossiers ».

Tout au long de l’audience, les débats se focaliseront sur les chefs d’inculpation de coups et blessures volontaires et d’incendie des 2 villas dont l’occupant de la première, au moment du saccage est le directeur usine Maixent Rock Bassolet. Celui-ci évalue les pertes qu’il a subit à 3 millions 462 milles francs non sans citer des noms parmi les prévenus que son petit frère Landry Bassolet qui lui était à la maison le jour du saccage dit avoir reconnu parmi la foule. Le second sinistré, Ardjouma Coulibaly directeur de la maintenance quant à lui pense qu’il a perdu 4 millions 700 mille francs dans l’incendie. Il n’était pas sur place mais dit que les mêmes noms cités par son collègue directeur de l’usine lui ont été rapportés comme étant les instigateurs de l’incendie. Le directeur financier et comptable Apata Joachin à son tour raconte que c’est lorsqu’il était déjà à l’usine qu’il a été informé que les ouvriers préparaient quelque chose. Avant même de descendre de son véhicule, il a vu 2 travailleurs venir à lui et lui réclamer les clefs. « Ils ont essayé d’entrer dans le véhicule mais j’ai eu le temps de condamner les portes grâce au système central lock. Peu de temps après, j’ai vu un groupe d’au moins 10 personnes qui venaient. J’ai compris que je devais fuir. Alors j’ai foncé vers la porte, le gardien a soulevé la barrière mais un autre la rabaissé au moment où j’arrivais. Ce qui a cassé le pare-brise » relate-t-il. Au cours des débats, chacun des accusés a tenté de montré son innocence vis-à-vis des faits. « J’étais en voyage », « J’étais malade » « J’étais au village où je suis allé porter des médicaments à ma mère malade » « Je ne travaillais ce jour » ou encore « Mon poste se trouve hors de l’usine ». Ce sont là entre autre les alibis ce que la quasi-totalité des accusés ont avancé pour dire qu’ils n’ont participé ni de près ni de loin à ces événements. Seuls Issa Traoré et Baba Soulama reconnaitront entre temps qu’ils se sont approchés et même ont porté la main sur les ceux qui ont apporté les affiches. « Ils ne sont pas employés à SOSUCO. Pourquoi ce sont eux qui viennent avec cette note alors la SOSUCO a des plantons qui sont chargé de ce genre de mission » ont-ils dit tous les deux pour justifier leur acte. Tout comme Tiala Abdoulaye pour qui le procureur a demandé la relaxe pour tous les faits pour lesquels il est poursuivi, l’ensemble des accusés ont déploré les dégâts et autres actions qui s’est passés. Le procureur pour sa part a reconnu que les faits de coup et blessures, de vol de pneus, et de dégradation de biens d’autrui sont avérés et qu’ils sont même caractérisés. C’est pourquoi il a requis 36 mois de prison ferme pour les 2 absents que sont Kam Christophe et Adama Ouattara contre qui il demande qu’mandat d’arrêt soit décerné. Il a en outre requis 16 mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour 13 personnes dont les noms sont Sombié Issa, Sombié Abdoulaye, Hébié Gérard, Soulama Baba, Traoré Issa, Sawadogo Michel, Sourabié Fabarga, Traoré Sam Oumar, Sanou Yssouf, Sanou Diby Eric, Kara Abel, Sanou Jérôme et Diarra Pertiou. La relaxe a également été requise pour les délégués de personnel et délégués syndicaux comme Traoré Fousseni, Koné Kadidia Niangouan, Sanou Basile pour les travailleurs Kadio Lamoussa et Karama Kalifa et Sogodogo Mamadou qui lui, a été licencié peu avant les événements. Avant de lever la séance, le président du tribunal a déclaré que le dossier est mis en délibéré pour le 31 janvier 2012 à 8 heures.

Traoré Mamoudou

 

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